Intimité, propreté et désir : pourquoi “prendre soin” change notre rapport au plaisir
Parler d’hygiène dans l’intimité met souvent mal à l’aise.
Comme si évoquer le “propre”, le “sale”, l’entretien, risquait de tuer le désir.
Comme si le plaisir devait rester flou, instinctif, presque magique.
Pourtant, derrière cette gêne, il y a quelque chose de plus profond :
notre rapport au corps, au contrôle, à la peur de déranger, de dégoûter, de ne pas être “comme il faut”.
Parler de sécurité, d’entretien, de soin, ce n’est pas refroidir l’intimité.
C’est la regarder en face.
On parle rarement de ces petits gestes simples, ceux qui font pourtant toute la différence au quotidien, comme dans ce guide rapide pour entretenir son sextoy.
Le propre et le sale : pas des faits, des constructions
Le corps n’est jamais “sale” par nature.
Il est vivant : il transpire, il sent, il coule, il change.
Ce qui nous gêne, ce ne sont pas ces réalités, mais ce qu’on nous a appris à en penser.
Le “sale” est souvent une étiquette sociale :
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ce qui dépasse
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ce qui déborde
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ce qui ne se contrôle pas
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ce qui rappelle que le corps n’est pas lisse
Dans l’intimité, cette peur devient aiguë :
on veut être désirable, mais sans trop être corporel(le).
Présent(e), mais pas envahissant(e).
Vivant(e), mais pas trop.
Ce que l’hygiène dit de notre rapport au corps
Prendre soin de son corps ou de ses objets intimes n’est pas qu’un geste pratique.
C’est une manière de dire :
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“Je mérite de l’attention.”
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“Mon plaisir compte.”
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“Je ne suis pas obligé(e) de me maltraiter pour désirer.”
L’entretien d’un sextoy, par exemple, n’est pas qu’une question de bactéries ou de sécurité.
C’est aussi un rituel silencieux qui dit :
Ce que j’utilise pour me faire du bien mérite du respect.
Ce n’est pas du contrôle.
C’est de la considération.
Quand on parle d’entretien, on pense souvent à des gestes techniques, alors qu’il s’agit aussi d’un rapport à soi, comme on le voit dans cet article sur l’entretien des sextoys en toute sécurité.
Prendre soin : contrôle ou attention ?
On confond souvent “prendre soin” et “tout maîtriser”.
Mais il y a deux manières très différentes de s’occuper de son intimité :
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La version anxieuse :
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peur de mal faire
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peur de dégoûter
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peur de ne pas être “correct(e)”
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La version consciente :
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attention
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présence
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respect du rythme et des limites
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La première enferme.
La seconde libère.
Prendre soin, ce n’est pas devenir obsessionnel(le).
C’est reconnaître que le plaisir n’est pas un accident,
mais quelque chose qu’on peut accompagner.
Entre obsession du “bien faire” et négligence, il y a une zone juste — celle qui évite les excès comme on le voit dans les erreurs à éviter avec les sextoys.
Quand la sécurité libère le désir
On croit souvent que le désir a besoin de flou, de danger, d’interdit.
Mais ce qui nourrit vraiment le plaisir, c’est la confiance :
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confiance dans son corps
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confiance dans l’autre
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confiance dans ce qu’on fait
Quand on sait que l’on prend soin :
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de soi
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de l’autre
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de ce qu’on partage
le corps peut se relâcher.
Et quand le corps se relâche, le désir circule mieux.
La sécurité n’éteint pas l’intimité.
Elle lui donne un sol sur lequel s’appuyer.
Cette confiance se construit aussi dans le partage, notamment quand on utilise des objets intimes à deux, comme dans cet article sur le partage des sextoys sans risque.
Prendre soin, c’est aussi une manière d’aimer
Que l’on soit seul(e) ou à deux,
prendre soin de son intimité, ce n’est pas se surveiller.
C’est se reconnaître comme quelqu’un qui mérite :
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de la douceur
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de l’attention
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du respect
Ce que tu fais avant et après le plaisir
compte autant que ce que tu fais pendant.
Parce que le désir ne naît pas seulement du geste.
Il naît du regard qu’on porte sur soi.
Et sur ce qu’on partage.
En guise de fin
L’hygiène, l’entretien, la sécurité ne sont pas des sujets “techniques”.
Ce sont des manières très concrètes de dire :
Mon corps n’est pas un problème à gérer.
C’est un espace à habiter.
Et peut-être que le vrai luxe intime, aujourd’hui,
ce n’est pas de tout lâcher,
mais de choisir consciemment ce dont on prend soin.
